On nous dit souvent que les vacances servent à « débrancher ». Qu’il suffit de changer de fuseau horaire pour mettre nos neurones en mode veille. Soyons honnêtes : ça dépend pour qui.
Pour un Daticien — ce praticien de la donnée que je suis, habituée à traquer l’inefficacité et à modéliser des flux — le cerveau n’a pas de bouton Off. Il a plutôt un mode optimisation continue… même en sandales.
Petite mise en contexte : Lean et Six Sigma, en version humaine
Avant de vous raconter mon anecdote, faisons un tour rapide des concepts :
- Lean : éliminer tout ce qui n’apporte pas de valeur (le fameux gaspillage ou Muda).
- Six Sigma : réduire les variations et améliorer la qualité des processus.
- Lean Six Sigma : faire mieux, plus vite, avec moins.
Dit autrement : arrêter de perdre du temps, de l’énergie et des ressources… souvent sans s’en rendre compte.
Étude de cas… en vacances à Cancun
Récemment, je me suis envolée pour Cancun avec mon conjoint et mes enfants.
Objectif : soleil, sable blanc, détente.
Réalité : une étude de cas Lean Six Sigma grandeur nature.
L’attente : premier KPI de l’expérience client
Après l’atterrissage, tout se déroule bien… jusqu’à l’étape suivante : l’autobus.
✦ Trente minutes d’attente. Parfait — le chronomètre mental se déclenche avant même de monter à bord.
Pour plusieurs, c’est un simple désagrément.
Pour un Daticien, c’est déjà un indicateur de performance qui clignote : goulot d’étranglement détecté.
✦ La boucle révélatrice : quand le gaspillage devient visible
Une fois dans l’autobus, mon cerveau bascule officiellement en mode analyse.
L’autoroute est séparée par un terre-plein. Résultat : le chauffeur doit faire des détours et des boucles pour desservir les hôtels.
Beaucoup de boucles.
✦ Suffisamment pour que mon cerveau passe automatiquement du mode « vacances » au mode « cartographie de processus ».
La première boucle

✦ Eh bien oui, il y avait un accident sur la route, ce qui a aussi créé un délai, un détour, du trafic. Les badauds parmi nous ont même pu l’observer à deux reprises grâce à cette première boucle…
La deuxième boucle… Pas d’accident, cette fois-ci, mais quand même, les kilomètres et l’attente s’accumulent. Ainsi de suite, nous avons fait 4 boucles!
Et c’est là que quelque chose de curieux se produit : au lieu d’être agacée, je suis… intriguée. Comme devant un casse-tête qu’on a envie de résoudre. Mon conjoint dort. Moi, je reconstitue mentalement l’itinéraire optimal. Chacun ses vacances.
✦ Les palmiers sont toujours là — mais entre eux, je commence à voir se dessiner un diagramme de flux… avec des flèches qui se croisent dans tous les sens.
Notre trajet

Diagnostic Lean Six Sigma — version vacances
En quelques minutes, le verdict tombe :
- Transport inutile : Nous sommes repassés sur nos pas à plusieurs reprises.
- Attente : Chaque détour ajoutait du temps pour tous les passagers.
- Mouvement inefficace : La logique de livraison était inversée. On commençait par les hôtels les plus proches… ce qui forçait ensuite à faire des demi-tours.
Dans ce contexte d’autoroute avec terre-plein, et demi-tour possible de façon éloignée, une approche simple aurait été : livrer du plus éloigné au plus proche.
L’itinéraire LEAN

L’impact réel (spoiler : ce n’est pas juste du temps perdu)
Pendant que mes enfants profitaient du paysage, mon cerveau calculait :
- Coûts variables : carburant gaspillé
- Actifs : usure prématurée du véhicule
- Ressources humaines : temps de travail prolongé
✦ Expérience client : une première impression qui pourrait être tellement plus fluide.
Bref, tout le monde y perd… sauf peut-être les amateurs de tours guidés involontaires.
Un concept important du Lean, c’est que la valeur est définie du point de vue du client !
Pourquoi je vous raconte ça ?
Parce que ce type de situation est partout.
✦ Dans mon cas, une margarita plus tard, j’en souriais déjà — mais l’observation, elle, était bien notée dans un coin de ma tête.
En entreprise, ce genre d’inefficacité peut se chiffrer en millions de dollars perdus (je dirais même gaspillé).

Combien d’autobus à Cancun (et partout dans le monde) ont des itinéraires bâclés ?

Les processus inefficients : on finit par ne plus les voir et se dire « ça a toujours été fait comme ça ! ».
C’est exactement là que le Lean Six Sigma devient puissant — il nous redonne des lunettes pour détecter ce qui ne fonctionne pas.
Exemple concret, transposable à votre réalité ⬇️
Remplacez l’autobus par :
- un processus interne
- une chaîne de validation
- un fichier Excel lourd et partagé
Et posez-vous ces questions :
- Est-ce qu’on fait des détours inutiles ?
- Est-ce qu’on attend entre les étapes ?
- Est-ce qu’on travaille dans le désordre ?
Très souvent, la réponse est oui.
Et très souvent, les gains sont rapides… une fois qu’on voit le problème.


Si ces exemples vous font penser à des éléments de votre quotidien, ça tombe bien ! C’est exactement pour ça que j’ai créé la formation : Certification « Yellow Belt » Lean Six Sigma sur Excel.
Et les premières rétroactions sur la formation sont assez révélatrices :
- « Il faut que mon patron suive cette formation ! »
- « Si j’étais gestionnaire, je formerais toute mon équipe. »
- « C’est applicable partout. »
- « Je ne verrai plus jamais l’action de faire des toasts de la même façon… »
(oui, celle-là demande un peu de contexte, il faut suivre la formation 😄!)
Constat : Avec un peu de pratique Lean SixSigma, on améliore en continue, naturellement !
Un praticien du LEAN SixSigma ne voit pas une suite d’événements.
Il voit un système.
Un système qui pourrait — et devrait souvent— être plus fluide.
Même avec un cocktail à la main, les pieds dans le sable, quelque part entre deux palmiers… il y a parfois une petite voix qui dit : « On pourrait optimiser ça. »
Et vous ?
✦ Quelle est l’inefficacité la plus fascinante que vous avez repérée… en étant supposé relaxer ? 😄
Formation complémentaire
Pour en apprendre plus sur les concepts Lean et Six Sigma, suivez la formation Certification Yellow Belt Lean six sigma sur Excel
La mission du CFO masqué est de développer les compétences techniques des analystes et des contrôleurs de gestion en informatique décisionnelle avec Excel et Power BI et favoriser l’atteinte de leur plein potentiel, en stimulant leur autonomie, leur curiosité, leur raisonnement logique, leur esprit critique et leur créativité.








Je me reconnais tellement et vraiment contente de voir que je ne suis pas seule à constamment repenser les processus partout où je passe. Mes plus beaux laboratoires sont les chantiers routiers et les restaurants. Je suis déjà ceinture jaune mais suis certaine que votre formation permettra d’améliorer la vie de nombreuses personnes. Je me fais donc un devoir de partager votre nouvelle formation. Bon succès et bonnes optimisations!
Bonjour Sylvie,
Un grand merci pour votre commentaire et pour le partage !
C’est toujours un plaisir de voir nos initiatives accueillies avec autant d’enthousiasme.
Au plaisir de vous lire à nouveau.
Ouafae